"L'homme sans tête"a réalisé ce matin une interview. C'est Jerome qui est entré dans mon studio de travail à Paris dans le 10ème arrondissement près de l'hôpital Saint-Louis. Florilège des questions de "l'homme sans tête":
Je suis incapable dans bien des domaines. L'écriture est celui ou je suis un peu meilleur...
A qui s'adresse ce que vous écrivez?:
_Je ne sais pas. je ne sais pas s'il existe des gens qui lisent. je veux dire, il y a des individus qui construisent des ponts, qui boivent des cafés, qui marchent etc...Mais il y a des chaises et des papiers peints, des claviers électroniques aussi...Tout cela semble être une convention. Je ne sais pas s'il y a quelque chose derrière la personne qui lit un texte, ou qui marche dans la rue, ou qui pense...Mes textes sont écrits pour un individus qui sait lire...C'est pourquoi j'envisage d'enregistrer des textes avec un microphone.
Votre rapport à l'argent?
L'argent est important pour construire des maisons, des routes, des hôpitaux, ou pour acquérir un objet agréable. Cependant, il ne construit pas le bonheur, il participe à un mieux être. Mais, et c'est une question cruciale, beaucoup de gens très riches sont malheureux et beaucoup de revenus précaires le sont tout autant. Toutefois, chacun gardent une forme d'espoir, de confiance en les capacités humaines, celle de l'esprit, dont nous sommes tous pourvus. L'argent est sans doute le moyen d'acquérir les conditions minimales pour un travail sur soi et sur son esprit...
La littérature, c'est quoi?
Je ne sais pas.
Ce que je sais, c'est que toute forme d'écriture est sacrée. Il n'est pas bon de s'asseoir dessus. Ou de s'en servir à un usage domestique ( comme éplucher des pommes de terre). Beaucoup de livres, très bons, me semblent transformer de grands thèmes psychosociologies en une sorte de métaphore ( L'altérité en littérature va prendre la forme d'une rencontre amoureuse entre deux catégories socioprofessionnelles etc...). Tout ceci, la littérature, me semble une incitation à se tourner vers soi et à observer son propre mode de fonctionnement.
La littérature me semble comme la réclame du travail sur soi. Elle doit, pour être pérenne, donner le goût d'une certaine éthique, par l'écriture du rôle que peut jouer 'la non-irritation, la non-malveillance, l'enthousiasme...' au sein des cohabitations humaines...
Cela me semble être l'intérêt de la littérature.
La descendance?
En terme de littérature, je ne lis pas beaucoup. Peut-être me suis-je particulièrement intéressé à Shakespear, M. Yourcenar, Montaigne, ou Pascal. Mais ce sont les comportements humains qui, naturellement, me font écrire. Et la sagesse orientale bien entendu.
La religion?
Je suis d'accord avec cette phrase qui donne une explication sereine et applicable par tous de la religion, tant il me semble en effet que la religion consiste à "S'habituer à"...

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